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Présentation de l'APAS
L'Apas soutient les coopératives en proposant leurs productions; vanneries, broderies, objets en cuir, en pierre de l'Aïr, bijoux touaregs...
L'ASEDEA : Association de Soutien à l'Eco Développement des Environs d'Agadez, a pour objet d'accompagner les familles, souvent celles-là même où artisans et artisanes travaillent pour l'APAS, en vue de les aider à créer une dynamique de développement.
L'ASEDEA agit dans les domaines suivants : élevage amélioré, jardins, micro crédits, santé
L'ASEDEA est née de l'APAS, pour, après l'urgence, ouvrir sur un développement durable et diversifié. Elle encourage les Touaregs dans leur développement grâce aux dons des adhérents, donateurs, sympathisants, et en trouvant des subventions.
L’Association des partenaires du Sahel pratique un commerce solidaire, et ce faisant elle s’appuie sur les principes suivants :
- Assurer une juste rémunération du travail des producteurs, artisans et artisanes de la région d’Agadez au Niger, pour leur permettre de satisfaire leurs besoins les plus élémentaires
- Favoriser le travail de ceux qui en ont le plus besoin, les plus défavorisés, qui sont souvent les femmes.
- Ne pas faire travailler les enfants, ou du moins si la précarité de certaines familles nécessite vraiment le travail des adolescents, veiller à ce que ceux-ci, reçoivent aussi une rémunération juste, comme leurs aînés.
- Rémunérer les artisans et artisanes en les payant comptant, au jour de l’enlèvement des marchandises, avant leur expédition en France
- Veiller à la qualité des produits fabriqués, et faire en sorte que des améliorations soient apportées si nécessaire.
- Maintenir des relations durables et d’amitié entre producteurs et consommateurs, dans un constant souci de partenariat. Dialogue entre producteurs et consommateurs : rapports d’activités deux fois par an, nouvelles suggestions de part et d’autre, décisions prises d’un commun accord, notamment quand les artisans et artisanes demandent une augmentation pour tel ou tel article.
- Protéger l’environnement, veiller à la protection du palmier doum (matière première pour les fabrication) et encourager de nouvelles palmeraies protégées.
- Veiller au respect des droits de l’homme.
- Informer la clientèle du travail de l’association, expliquer les enjeux d’un commerce équitable, visant à l’autonomie des populations défavorisés pour accéder à un développement durable
- Motiver de plus en plus de personnes à s’engager dans une démarche de commerce équitable
Historique de l'APAS
L'association des partenaires des artisans du sahel (APAS), née de la sécheresse de 1984 au Sahel, participe activement depuis 1986 à la survie d'une population très démunie. Femmes et hommes organisés en coopératives, produisent vanneries, broderies, objets en cuir et objets en pierre de l'Aïr.
Nous essayons également de promouvoir l’élevage de chèvres et le jardinage de quelques familles, d’assurer des cours d’alphabétisation dans les campements.
Les commandes sont passées depuis Lyon à notre correspondant sur place qui les répartit selon les coopératives concernées, puis 2 mois plus tard ramasse la marchandise produite en payant comptant les artisanes et artisans.
Ici en France nous vendons sur les forums humanitaires, marchés bio, marchés de Noël...
Aujourd'hui nous cherchons de nouvelles possibilités de vente : magasins pour des expo-ventes sur un ou plusieurs journées, particuliers, revendeurs...
L'APAS est sur place la première à avoir réagi face au dénuement total de la population en 1984, grâce également à l'aide précieuse du Père Hervé de Bellefon de la mission d'Agadez à ce moment là. Depuis cette date, d'autres organisations permettent aussi à un certain nombre d'artisans de travailler dans cette région, et c'est tant mieux, mais nous n'avons avec elles aucun lien.
Nous sommes depuis le début, et demeurons, une petite structure composée d’une vingtaine de bénévoles, pour assurer la tenue des stands sur nos points de vente.
Notre comptabilité est tout à fait conforme et notre correspondant, visité régulièrement par l'un de nous, nous envoie des rapports détaillés sur l'activité des artisanes - artisans, en plus de tous les papiers indispensables, factures et autres....
Les techniques d'artisanat
Vanneries
La matière première est le palmier doum.
Vanneries en toron : Elles sont confectionnées avec la technique du poinçonnage, technique traditionnelle originaire des femmes touareg. Le travail au poinçon est réalisé uniquement à la main, en utilisant comme matière première le tagueit (feuille de palmier doum). Le tagueit est traité, cuit et coloré par les artisanes elles-mêmes.
Produits : bouctous, corbeilles, cache-pots, boites, dessous de plat, de verre, …
Vanneries tressées : Le tressage est une technique traditionnelle originaire des femmes touareg, faite à la main, avec le tagueit. Les objets réalisés sont plus légers, plus souples et plus fins que ceux réalisés avec la technique du toron.
Produits : sacs, sets de table, nattes, cabas, corbeilles à papier, corbeilles à linge..
Vanneries au point noué : le point noué est une technique traditionnelle originaire des hommes touareg de Kerboubou, à 25 kms à l’ouest d’Agadez. Il utilise également le tagueit, et est traité par les artisans. C’est cette technique qui permet la confection de cordes très solides pour l’emballage du sel et du mil des caravaniers.
Produits : Sacs, cabas, nattes …
La broderie est confectionnée à Kerboubou par les femmes, utilisée traditionnellement le plus souvent pour des objets décoratifs tels les selles de chameaux. Elle est faite à la main , sur le « basin » acheté sur les marchés locaux. Les artisanes ont adapté leur production aux désirs de leurs partenaires et clients européens.
Produits : pochettes, enveloppes de coussin, tapis de jeux, trousses, étuis à lunettes, nappes… (couleurs suivant stock disponible)
Objets en pierre de l'Aïr
Les sculptures sont faites par les hommes touareg de la région d’Azel à 12 kms au nord-est d’Agadez. Le polissage est fait uniquement à la main. La matière première est « la pierre de talk », trouvée dans différentes galeries du massif de l’Aïr.
Il y a très longtemps les hommes touareg portaient aux bras des bracelets de cette matière, pour se protéger contre les mauvais esprits.
C’est ce qui explique que traditionnellement ce sont les hommes seuls qui travaillent cette pierre. Elle est plutôt blanche, parfois un peu rose, avec des reflets gris, ou verts à l’état naturel. Mais les hommes parfois la chauffent au feu de bois pour la noircir. Elle devient marron plus ou moins foncée, ou carrément très noire. Très tendre elle permet d’être sculptée et décorée. Assez facile à travailler elle reste cependant fragile et cassable.
Produits : sculptures d’animaux, cendriers, petites boîtes, vases…
Vous pouvez nous aider
L'APAS recherche des bénévoles, même ponctuels, pour l'aider à diffuser la production des artisans et artisanes :
- à l'occasion des manifestations diverses où l'Association peut avoir un stand,
- pour organiser une expo-vente dans un lieu proposé.
N'hésitez pas à contacter Catherine Cozon, Présidente de l’APAS :
Tel : 04 78 94 68 22
e.mail : catherinecozon@yahoo.fr
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Peut-être pouvez-vous aider l'APAS à organiser une vente…
1ère idée : vous habitez Lyon ou la grande couronne lyonnaise, et vous apprenez qu'il y a tel ou tel évènement près ou non loin de chez vous, où peuvent participer des associations à but humanitaire ou de commerce équitable (ex : marché de Noël, forum humanitaire, foire bio…)
Tenez-nous au courant en contactant la présidente de l’APAS. Vous pouvez bien entendu nous aider à organiser notre présence à cet évènement.
2ème idée : Vous habitez une autre région que la région lyonnaise.
Vous apprenez la possibilité de tenir un stand à tel ou tel endroit.
Informez la présidente de l’APAS. Si cela s’avère possible après tous les renseignements pris, et si vous êtes toujours partant pour l’aventure, nous vous expédions du matériel avec toutes les consignes et modalités à connaître, avec infos pour la clientèle, etc. Vous n’aurez pas à vous occuper des démarches administratives ou de règlement auprès des organisateurs, c’est l’association qui s’en charge.
3ème idée : Vous décidez d’organiser une ou deux journées Portes Ouvertes chez vous, en convoquant vos amis et connaissances.
L’APAS vous aide à préparer votre feuille d’invitation, vous l’envoyez par internet à un maximum de personnes pour éviter les frais de timbres. Vous pouvez vous joindre à une amie pour avoir davantage d’invitations à diffuser. C'est tout simple !
Le matériel sera livré ou expédié chez vous à nos frais.
Pour le retour du matériel invendu, quatre possibilités :
- vous le rapportez au local de l’association,
- nous venons le rechercher (selon nos possibilités),
- vous nous l’expédiez et payez 50 % des frais de port,
- vous gardez ce matériel en choisissant de l’écouler un autre jour à une autre occasion.
La totalité de la facture doit être réglée 90 jours maximum (3 mois) à compter de la commande.
Merci pour votre attention.
Catherine Cozon Présidente de l’APAS
Tel : 04 78 94 68 22
e.mail : catherinecozon@yahoo.fr
Site internet : http://apas-niger.blogspot.com
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Aujourd’hui, nos partenaires comptent plus que jamais sur nous pour pouvoir travailler davantage, car les conditions d’existence au Niger sont de plus en plus dures, le mil coûte de plus en plus cher…
Nous avons donc besoin d’étendre notre réseau, en proposant nos articles à des structures susceptibles de les proposer à leur clientèle, comme par exemple des magasins bio et magasins sensibilisés au commerce équitable. Bien entendu cela n’est envisageable que si ces structures acceptent une marge sur les prix que nous pratiquons de l’ordre de 20 % .
En effet nos prix sont calculés au plus juste, pour nous permettre de tourner, et nous essayons avec le peu d’argent que nous dégageons de promouvoir l’élevage de chèvres et le jardinage de quelques familles, d’assurer également des cours d’alphabétisation dans les campements. Aussi malheureusement depuis le début, les prix de transport ne cessent d’augmenter.
D’avance un grand merci.
Tel : 04 78 94 68 22
e.mail : catherinecozon@yahoo.fr
Nos prochaines ventes, retrouvez-nous !
Messages depuis le Niger





Au Niger l'APAS est représentée par un Touareg, Raliten Badodo, permettant de faire le lien entre les familles dans les villages et les membres de l'association en France
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Si Aujourd'hui l'artisanat reste la 1ère source de revenu- il n'y a jamais eu d' interruption dans les commandes de l'APAS, et les artisans et artisanes sont payés intégralement à l'enlèvement des marchandises- la technique du micro crédit permet aujourd'hui l'élevage et le jardinage que l'Association de Soutien à l'Eco Développement des Environs d'Agadez (ASEDEA) née de l'APAS encourage et développe de plus en plus
Les familles sont sorties de la situation d'urgence des débuts (1984)
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Rapport d’activités
juillet 2010
Au niveau des régions Sud et Est du Niger, la famine due à la mauvaise pluviométrie de l’année 2009, a amené les populations vulnérables de Zinder et de Maradi à se déplacer vers des régions moins touchées par le phénomène.
Les populations de la région d’Agadez, victimes des inondations, ont reçu de l’aide sous diverses formes de la part du gouvernement et des organisations internationales.
Paradoxalement, les énormes précipitations enregistrées à Agadez en septembre 2009, malgré les dégâts qu’elles ont occasionnés, ont fait de la région une zone d’attraction pour les populations du sud Niger.
Comment en six mois Agadez a vécu un dédoublement de sa population ?
Quels rôles ont joués l’APAS et l’ASEDEA dans l’atténuation des difficultés des populations cible, pour traverser l’année 2009-2010 comptant parmi les plus difficiles de l’histoire du Niger ?
Après les terribles inondations survenues le 1er et le 2 septembre 2009, la famine fut le second phénomène ayant marqué l’histoire du Niger.
Lorsque le gouvernement avait déclaré la ville d’Agadez ville sinistrée, l’aide internationale mobilisée fut énorme. Une grande quantité de vivres est arrivée dans la région et une importante somme d’argent a été également versée au profit des populations cibles.
Par des annonces officielles, la croix rouge Française doit faire parvenir aux populations cibles d’Agadez 5000 Tonnes de vivres ; le programme alimentaire mondial (PAM) a fait parvenir 14000 tonnes de vivres.
L’Arabie Saoudite a fait parvenir une énorme quantité de dattes et de tentes. D’autres aides en nature et en espèces ont été données par des bonnes volontés.
Pour faire face à la famine d’importantes aides ont été distribuées dans toutes les régions du Niger pour sauver les populations vulnérables.
Cette famine a été officiellement déclarée par l’Etat du Niger. Elle a surtout touché les populations du sud et l’est à cause de la mauvaise pluviométrie.
Beaucoup de paysans n’ont pas semé ; c’est pourquoi, dès l’annonce des aides au profit des populations d’Agadez victimes des inondations, les populations vulnérables des régions de Maradi et de Zinder ont convergé vers la ville d’Agadez pour profiter de l’aide.
Du coup, la population d’Agadez s’est vue croitre. Les nouveaux venus, principalement des femmes et des enfants, ont augmenté les centres de distributions de l’aide érigés au niveau des chefs de quartier.
Les femmes, nouvellement venues, passaient de quartier en quartier et de village en village pour exécuter les tâches domestiques. Elles étaient rémunérées soit en nature soit en espèces. Les hommes se sont adonnés au ramassage des herbes et à la confection des seccos. Le nombre des talibés avait augmenté considérablement.
Tous tournaient autour de l’aide mobilisée et, l’aide immense qu’elle fut, fut détournée. Quelques tyas(unité de mesure locale) de céréales pour les pauvres et des tonnes de vivres pour les complices des distributeurs.
Les femmes qui partaient chercher de l’aide au niveau des centres de distribution, perdaient souvent leur temps à attendre sans succès. Les victimes se faisaient recenser sur des listes. Les listes de recensement se perdaient ou changeaient au gré des hommes.
Les propriétaires des maisons victimes des inondations ont été recensés. Là aussi, ceux qui n’étaient victimes se sont fait inscrire, à tort, sur les listes. Des personnes n’étant pas propriétaires de maison le sont devenues par fraude et par mensonge. A cette catégorie de victimes, le gouvernement a donné des parcelles et des sommes d’argent allant de 100 à 400 000 FCFA pour les aider à construire leur maison sur les nouveaux sites.
C’est, sur l’aide financière mobilisée que les parcelles loties ont été octroyées.
Les adductions d’eau et les installations électriques à aménager sur les nouveaux sites n’ont pas été jusque là réalisées ; alors que les sociétés à charge des travaux ont été désintéressées grâce aux fonds d’aide mobilisée.
Après la famine pour les hommes, s’est la mort du bétail dans la région de Maradi, de Zinder et de Tahoua qui a défrayé la chronique. Des éleveurs ont convergé vers Agadez et ont accru sa population. A leur arrivée le prix des aliments pour le bétail étaient encore accessibles. Face à une demande importante les prix se sont enflammés.
La botte d’herbe qui était vendue à 6000 FCFA a commencé à se vendre à 10000FCFA ; le sac de grains de coton est passé de 7000FCFA à 15000FCFA. Le son de mil ou de sorgho est passé de 10000FCFA à 16000FCFA.
Suite au cri d’alarme du gouvernement du Niger, la communauté internationale, appelée à la rescousse, n’a pas lésiné sur les moyens. Une importante quantité de son de blé et de grains de coton a été acheminée au niveau des régions. Une note officielle du ministère de l’élevage précédait l’arrivée de la quantité d’aliments bétail à recevoir. La note indiquait la quantité totale et le prix unitaire. Le prix d’achat était fixé à 5000FCFA que ce soit le sac de coton ou de son de blé.
A l’arrivée du stock destiné à Tchirozérine, la quantité du son de blé manquait.
J’avais alors acheté 4 sacs de coton et j’informais le magasinier que je reviendrai demain pour payer davantage.
Surprise, à mon retour le magasin était vide. A une heure quelconque des commerçants sont passés pour tout acheter. Que s’est-il passé réellement ?
D’octobre 2009 à juillet 2010, les distributions de vivres se poursuivent çà et la à Agadez.
La ville continue de garder l’horrible image laissée par les inondations de septembre 2009. Le centre de handicapés locomoteurs n’a pas été reconstruit. Il est encore en ruines comme partout ailleurs dans la ville.
La saison de pluie s’installe et les nouveaux arrivés repartent au sud. La pluviométrie, cette année, semble être bonne. Agadez se vide et respire. La ville ressemble à un village où quelques heures auparavant une kermesse a été organisée. Partout sur le sol, jonchent les emballages et les marques de déception…
Malgré l’importance de l’aide chiffrée en milliards de francs CFA, le mode de vie des agadésiens est resté le même. Les tonnes de vivres et les millions de francs CFA versés n’ont pas changé d’un centime la ville d’Agadez. Les murs terrassés par les eaux de pluies, sont encore dans l’état d’après inondations.
La communauté internationale, par le biais du programme alimentaire mondial, de la croix rouge et de Mercy Corps, a beaucoup fait. Elle a évité le pire aux populations d’Agadez et du reste du Niger.
Ces organisations ont équipés les centres de récupération nutritionnelle (CRENI et CRENA) au niveau des centres de santé (hôpitaux, maternités, dispensaires et cases de santé). Elles ont mis à la disposition du Niger des vivres et de biens matériels pour éviter les épidémies et les souffrances aux populations.
Mais, la majorité des bénéficiaires n’étant pas la vraie cible, l’aide n’a pas été efficace.
A qui la faute ? A ceux qui sont chargés de recenser les victimes, à ceux qui sont chargés de la distribution des vivres et aux responsables locaux.
La communauté internationale doit se féliciter de sa mobilisation trop importante. Elle doit simplement revoir ses méthodes et principes de distribution et d’intervention.
Nous pensons qu’il suffit d’un peu, bien ciblé et bien conduit, pour changer un peuple. C’est à quoi ont pensé les responsables de l’APAS et l’ASEDEA pour sauver les artisanes et artisans ciblés au niveau des sites retenus.
Apportant une aide non négligeable depuis 2005, aux populations des sites de Kerboubou, Tchirozérine, Azel et Dagamanet, l’APAS et l’ASEDEA ont contribué à l’assouplissement de la vie des populations des différents sites avant et pendant la famine et au cours de l’envahissement de la ville par d’autres peuples du sud du Niger.
A Agadez, à défaut de reconstruire le centre des handicapés locomoteurs, pris en charge par l’ONG « Enfant de l’Aïr », l’ASEDEA a mis des fonds pour sécuriser et garder jusqu'à ce jour le matériel de travail du centre des handicapés locomoteurs.
Il s’agit d’une importante quantité de bois de toiture, de planches en bois, de feuilles de tôles, de tables de bureau, du matériel de soudure, du matériel de couture. Tout ce que, des années durant, l’ONG « Enfant de l’Air » destinait aux handicapés d’Agadez… C’est ce matériel que l’association ASEDEA garde encore dans son magasin pour lui éviter d’être volé ou détérioré. Un gardien est engagé et rémunéré pour cela.
Des fonds ont été débloqués pour permettre l’ouverture de deux ateliers : Un atelier de montage de verres et un atelier de soudure permettant ainsi le redémarrage des activités de montage de verres et de soudure par les handicapés d’Agadez en attendant la reconstruction du centre par l’ONG « Enfant de l’Aïr » .
Cet atelier de montage de verres est important car il est unique et ouvert à tous.
L’atelier de soudure quant à lui permet aux handicapés qui y travaillent, d’exercer leur profession et soutenir leur famille.
Au niveau des sites, l’achat des articles artisanaux se poursuit. Au cours de l’année, trois(3) commandes d’une valeur de six millions soixante onze mille deux cent cinquante (6071250) de francs CFA ont été enregistrées. Ces commandes reparties entre novembre 2009 et avril 2010 ont profité aux artisanes et artisans de sites. L’achat de ces articles permet aux artisanes et artisans de subvenir à leurs besoins et de supporter les problèmes de famine et leurs conséquences annoncés par le gouvernement.
Valoriser l’artisanat, renforcer les activités d’élevage et de jardinage, c’est à quoi se sont adonnés l’APAS et l’ASEDEA pour aider à l’amélioration du quotidien des populations ciblées. C’est pourquoi les artisanes n’ont pas ressenti la famine. Elles voient défiler des femmes venues d’ailleurs leur proposer des services. C’est grâce au soutien de l’APAS et de l’ASEDEA que les artisanes arrivent à aider d’autres familles.
Au niveau de Tchirozérine et d’Azel les femmes pratiquent des activités de jardinage et l’ASEDEA a renforcé ces activités. Des pompes immergées ont été achetées pour un montant d’un million soixante mille francs CFA pour renforcer l’achat de motopompes et de construction de bassins de retenue d’eau.
Les puits ont été sur-creusés pour mieux atteindre la nappe phréatique. Des semences ont été mises à la disposition des artisanes pour leur permettre de cultiver leur jardin.
Afin d’éviter aux eaux de ruissellement d’endommager les puits, des travaux de protection des puits ont été réalisés. (Voir photo sur la carte mémoire)
A l’ouest du Niger, autour de Niamey l’ASEDEA a fait également construire des bassins de retenue d’eau au niveau des sites des groupements féminins de Gabagoura et de Gorou. Elle a acheté des semences pour encourager les femmes à bien travailler.
En ce qui concerne l’élevage, le projet d’amélioration de la race locale et de reconstitution de cheptel, continue de porter ses fruits. Les artisanes comptent, dans bien de cas, plus de cinq (5) chèvres chacune. Le bétail leur procure du lait et les chevreaux sont vendus pour les besoins de la famille. Les boucs croisés se vendent bien sur le marché.
Au niveau de Koubia et d’Allassay, les groupements féminins de ces localités ont bénéficié d’un micro crédit pour faire de l’embouche.
Ainsi, mieux que des milliards de francs, mal distribués, l’aide de l’APAS et celle de l’ASEDEA chiffrées en millions de francs a permis à des familles d’avoir des activités génératrices de revenus fiables. Cette aide leur a permis de faire face à la famine. Famine qu’elles n’ont pas ressentie du tout.
Le soutien et l’aide de l’APAS et de l’ASEDEA ont surtout permis aux artisanes de s’émanciper.
Ce soutien et cette aide sont de l’adage qui dit: vaut mieux apprendre à quelqu’un à pêcher du poisson que de le lui donner.
La mort du bétail a touché les chèvres des artisanes. A Tchiro comme à d’Azel, on dénombre de pertes de chèvres et même d’un bouc alpin chamoisé.
La mort de ces chèvres est due essentiellement au prosopis, une plante qui abonde à Agadez malheureusement très appréciée des animaux.
Quatre chèvres de Tchirozérine et un bouc alpin chamoisé sont morts le 25 juillet 2010 après une pluie torrentielle. Ces chèvres souffraient d’un problème d’ingurgitation. Elles ont été achevées par la pluie et le froid du désert dans la nuit du 25 juillet 2010.
Le bouc que nous avons perdu fait parti des trois derniers achetés à Gabriel. Nous doutions de son état à l’arrivée même. Il était très petit et différents des autres.
En projet, nous pensons qu’il faudra à l’avenir équiper les sites de moulins à grains car le besoin se fait de plus en plus sentir au niveau des sites autour de Niamey. A Tchiro comme à Azel les artisanes ont fait la demande.
A Tchirozérine les femmes parcourent trois(3) kilomètres pour aller au moulin de la ville. Elles y passent de fois des heures à attendre car la file d’attente est souvent importante.
A Allassay, Niamey, le moulin est à quatre Kilomètres selon Aïssa Niandou la responsable qui suit les groupements.
Nous savons que tout est précaire. Combien de temps encore l’APAS et l’ASEDEA pourront-elles tenir ?
En matière de commande d’articles les artisanes ne demandent que ça ; elles peuvent fournir davantage.
Mais, Y a-t-il encore de la place pour l’artisanat du Niger sur les places de Lyon ou de France ?
Ou y a-t’il ou de bonnes volontés pour aider à la vente des articles et au soutien des artisanes ?
Répondre non à ces questions c’est fortement légitimer la présence de l’ASEDEA fortement handicapée par le manque de Terrain cultivable propre aux groupements féminins.
Aucune femme rurale n’est propriétaire et l’initiative sera rendue vaine par manque de terrain cultivable sur chaque site.
Faire un investissement important sur un site soulève toujours des soupçons qui conduisent le propriétaire à reprendre son terrain.
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Message de Raliten (en date du 16 juin 2010)
Voilà déjà 4 mois que les autorités du Niger informaient l'opinion nationale et internationale que le peuple du Niger est en proie à une famine due à un déficit céréalier de plus de 30000 tonnes. En plus du déficit céréalier il a également été annoncé un déficit fourrager dont je ne peux dire ici la quantité précise.
En tant que correspondant de l'APAS et de l'ASEDEA j'ai été attentif à cette annonce et j'ai cotoyé chaque jour les populations de 4 sites soutenus par ces deux associations à Agadez. Site de kerboubou à 25 km d'Agadez, site d'Azel à 15 km d'Agadez, site de Tchiro à 74 km d'Agadez et le site de Dagamanet à la péripherie d'Agadez.
Au niveau de ces sites jamais je n'ai reçu une plainte ou un écho annonçant une famille n'ayant rien à manger.
Les sites pratiquant le jardinage grâce au soutien de l'ASEDEA s'en sortent bien car la vente des légumes leur procure un revenu leur permettant d'acheter le mil subventionné par le gouvernement. 13 000 FCFA le sac de mil de 100 kg au lieu de 22000 FCFA le prix du marché.
13000 FCFA CFA le sac de 50 kg de riz au lieu de 21000 FCFA sur le marché.
En plus de la vente des légumes: oignon, chou, courge la vente des articles à l'APAS met les artisanes des différents sites à l'abri de la famine. Rien qu'avec la commande du 31 mars 2010 envoyée par Catherine, les artisanes de Kerboubou ont encaissé 850000 FCFA, celles d'Azel ont encaissé lors de la première collecte plus de 600000 FCFA et celles de Dagamanet ont encaissé 300000 FCFA.
Actuellement au niveau du jardin des artisanes de Tchiro les choux sont en voie de récolte. L'oignon est vendu sur le marché de Niamey 40000 FCFA.
Grâce au soutien de l'APAS et de l'ASEDEA, les artisanes que nous encadrons ne ressentent pas la famine contre laquelle la communauté internationale et le gouvernement déploient d'énormes efforts.
Actuellement les militaires distribuent du mil et du riz au niveau des villages: 100 kg de riz ou du mil pour trois (3) familles.
En plus de ces distributions gratuites de vivres, du mil, du riz et du sorgho sont vendus au niveau des magasins centraux.
50 kg de mil par famille et par semaine à 7500 FCFA et12 KG de riz par semaine à 7500 FCFA également
Pour mettre les populations à l'abri de ces disettes il faudra véritablement développer les travaux de jardinage.
C'est à quoi s'attèle l'ASEDEA.
Un seul grand problème pour l'instant: le gouvernement n'a encore rien fait pour empêcher les eaux de ruissellement d'envahir les jardins et de détruire les puits et les semences comme le 2 septembre 2009.
Pour empêcher cela, au niveau du jardin de Tchirozérine, nous constuisons des diguettes et des murs en briques pour canaliser les eaux.
Le grand objectif que nous nous sommes fixés est de récolter une quantité importante d'oignon puisque l'ASEDEA a mis à notre disposition les fonds et les moyens nécessaires pour atteindre cet objectif
Par ailleurs retenons que la famine à sévi dans le sud du pays particulièrement dans les régions de Maradi et de Zinder. Nous avons assisté à une remontée des populations de zinder. Les femmes surtout. Elles femmes vont dans les villages reculés pour piler le mil aux habitants du village. Au niveau de la ville d'Agadez se sont les talibés qui ont déferlé. C'est la preuve pour nous que le sud a souffert de la famine.
Maintenant que les pluies ont commencé à tomber les populations du sud Niger commencent à descendre pour cultiver leurs champs.
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Suite aux intempéries de septembre 2009 (lire message suivant), la région d'Agadez et ses habitants ont été très touchés. La recontruction des maisons, l'amorçage d'une pompe, de nouveaux terrains à entretenir pour l'exploitation :
Voici quelques photos pour illustrer :
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Nouvelles de septembre 2009 :
De fortes pluies se sont abattues sur la Agades et le Burkina fin août début septembre, entrainant une importante crue. Un tel déluge n'avit pas été vu depuis plus de trente ans.
Toutes les maisons situées dans la zone nord d'Agades, dans le lit du Gori, ont été emportées.
Des quartiers entiers ont été emportés par les eaux des ruissellements..
Officiellement ont dénombre 3 morts.
Au niveau des sites, les jardins ont été dévastés.
Toute la population d'Agadez est au travail. L'entraide se met en route. Nous aidons les sinistrés à dégager de la boue et des eaux encore stagnante tout ce qui a été enseveli. Nous sommes gênés dans le travail par la puanteur d'animaux morts et des céréales en décomposition . Des familles entières sont logées dans les cours des écoles.
Pour le moment, l'UNICEF et la croix rouge établissent les listes des sinistrés. Le gouvernement promet des aides.
Pour le centre des handicapés, nous avons sauvé ce qui peut l'être; nous avons déposé le tout dans le magasin APAS . Comme les autres sinistrés les handicapés attendent l'aide de l'Etat.
Au niveau des handicapés c'est la catastrophe.
Le bâtiment entier est tombé.
Deux jours durant nous nous sommes atteler à sauver ce qui peut l'étre.
L'APAS et l'ASEDEA ont débloqué des fonds pour venir en aide aux sinistrés
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Depuis notre correspondant Raliten : fevrier 2009 :
Occupées jadis à élever des chèvres et des dromadaires, les femmes vivant aux alentours d’Agadez ont été victimes de sécheresses cycliques qui ont décimé leurs troupeaux.
- Elles s’adonnent aujourd’hui à la fabrication des articles artisanaux grâce au soutien de l’APAS, non sans difficultés liées à la mentalité des peuples nomades s’accommodant difficilement parfois des exigences normales de qualité des partenaires européens,
- La nouvelle version du fonctionnement de l’APAS a séché les larmes de beaucoup d’artisanes depuis 2004. Les prix appliqués aux articles leur conviennent. Elles disent que personne auparavant ne leur achetait les articles au prix actuel.
- Cet argent, gagné dans l’honneur et la dignité, dans le respect de la valeur humaine, a permis aux artisanes de subvenir à bon nombre de leurs besoins. C’est pourquoi elles saluent et remercient tous ceux qui ont œuvrés pour la bonne marche du volet artisanat .Cet argent a directement profité aux artisanes ; il leur a été distribué en échange de leurs articles et leur a permis de subvenir en partie à leurs besoins.
Elles peuvent ainsi varier leur alimentation jadis basée uniquement sur le mil, payer les soins de santé de leurs enfants et leurs fournitures scolaires, faire de petites économies.
Dans la situation actuelle d’insécurité les bras valides fuient et laissent les femmes et les enfants au village. Certains chefs de familles sont partis en exode, d’autres ont regagné le maquis. Cela a rendu très difficile la situation des familles dont l’Etat ne s’occupe guère.
Dans un pays où les chances de travail sont quasi inexistantes pour les populations rurales, produire et vendre quelque chose est une chance énorme. C’est pourquoi, les artisanes ne tarissent pas de remerciements et d’éloges à l’envers de tous les responsables de l’APAS. A chaque commande l’enthousiasme se lit sur les visages, quel que soit par ailleurs son montant. L’achat au comptant de leurs articles est une réelle base de survie pour elles. Elles estiment qu’elles les vendent bien maintenant. Elles ne sont plus spoliées comme auparavant.
Les actions de L’APAS et l’ASEDEA leur permettent d’édulcorer leurs peines quotidiennes et de retrouver le sourire malgré les angoisses qui les assaillent.
Elles sont conscientes du fait que les commandes des articles ne sont pas éternelles. Elles saluent tous les membres de l’APAS pour leur indéfectible soutien.
Notons qu’en plus du montant des commandes de l’APAS, plus de 40 % sont versés aux institutions de l’Etat du Niger (compagnies de transport, Douane, Poste…) pour nous permettre d’acheminer les différents articles jusqu'à Lyon. C’est donc aussi au développement économique du Niger que profite le soutien inestimable de l’APAS aux populations vivant autour d’Agadez.
Il nous faut dire maintenant que les articles en cuir créent des problèmes aux artisanes et artisans car les peaux coûtent de plus en plus cher
Pour les articles en argent il va falloir, à l’avenir tenir compte des cours mondiaux. Le prix du Kg d’argent est aujourd’hui à 250000 FCFA. Ce prix ne permet plu,s par exemple, d’avoir des bracelets à 4000 FCFA. Cela nous a conduit à ne pas envoyer les bracelets de la commande du 12 août 2008. Les artisans demandaient 6000fcfa pour un bracelet enfant.
Les articles en pierre risquent de connaître la même hausse car la zone de collecte de la pierre talc dans les montagnes d’Agadez est truffée de militaires. Cela rend son accès difficile aux ramasseurs de pierre.
Le transport Agadez Niamey pose des problèmes aussi. La route est mauvaise et endommagée par les eaux de pluies. Les bus sont mal entretenus et les bagages des soutes risquent d’être endommagés par les eaux de ruissellement. Nous prenons bien sûr un maximum de précautions pour que cela ne se produise pas. (Tous les articles sont regroupés dans des sacs en plastique.)
Dans le cadre de l’aide apportée aux artisanes, l’ASEDEA a financé la construction des magasins de stockage d’articles artisanaux et de mil d’Azel et de Tchirozérine. Les problèmes d’attaque par des termites d’articles artisanaux y sont donc définitivement résolus.
Pour avoir un peu de mil ou du sorgho subventionné avec l'office des produits vivriers du Niger (OPVN) il faut avoir payé son impôt. Or les touaregs ont peur de l'armée symbole du gouvernement et personne n'approche pour se mettre en règle et avoir du mil subventionné.
Grâce à leur magasin propre les artisanes soutenues par l'APAS ont du mil à bas prix; elles gardent jalousement cet acquit. Car sur le marché non subventionné toutes les denrées ont augmenté.
Comme autre activité, les femmes targuies confectionnent d’autres articles d’artisanat vendus localement. En plus de la panoplie d’articles achetés par l’APAS les artisanes confectionnent des bijoux, ainsi que des nattes qui servent à couvrir les charpentes des maisons ou les hangars.
Elles confectionnent aussi d’autres articles comme l’Essilis, le Sabara, l’Ewarwar.
Au sein des coopératives nos artisanes créent aussi des boutiques où elles vendent les condiments les plus essentiels, ainsi que du mil et et du riz. Ainsi aujourd’hui elles deviennent de plus en plus ingénieuses ; elles essaient tous les moyens. Elles brisent les tabous et se modernisent.
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Voici quelques parties de son dernier bulletin d'informations : octobre 2008
Voilà douze mois qui viennent de s’écouler, pour la troisième fois consécutive, mois au cours desquels nous avions côtoyé et aidé dans leur travail les artisanes des trois sites soutenus pas l’APAS et l’ASEDEA : Activités de développement engagés autour d'Agadez.
Occupées jadis à élever des chèvres et des dromadaires pour la plupart, les femmes vivant aux alentours d’Agadez s’adonnent aujourd’hui à la fabrication des articles artisanaux grâce au soutien de l’APAS et à d’autres bonnes volontés.
L’élevage auquel elles s’étaient jadis accoutumées s’est vu empêcher par la nature ingrate jalonnée de sécheresses cycliques qui, à chaque passage prennent un peu du cher troupeau permettant aux populations de survivre.
De part le monde des efforts ont été entrepris pour sauver ces populations ; mais au fil du temps ce soutien s’est amenuisé au point de s’estomper à cause des difficultés rencontrées dans l’exécution des programmes à réaliser.
L’une des difficultés étant parfois liée à la mentalité des peuples nomades n’ayant pas su s’accommoder aux exigences des partenaires européens, ou celle des responsables locaux chargés de l’exécution des programmes, est devenue aujourd’hui plus criarde.
Elle relève maintenant de la sécurité de chacun face aux rebelles ou aux bandits armés qui ne respectent aucune règle pour assouvir leurs intérêts personnels.
Sachant que la vie est sacrée, beaucoup de partenaires au développement ont jugé prudent d’arrêter leur soutien aux populations de la zone, le temps que reviennent la paix et la tranquillité. Ils ont compris que la survie et les biens de tous sont menacés par ceux - là à la gâchette facile.
Ces derniers s’emparent des biens et des véhicules des particuliers comme ceux des organisations nationales et internationales. Certains véhicules sont enlevés en plein jour au sein même de la ville. Les malfrats prennent en otages nigériens et étrangers. Ils rançonnent les voyageurs et les éleveurs sur tous les axes à quelques lieues seulement d’Agadez. Ils jouent au chat et à la souris avec les militaires ; sauf qu’ils nuisent à ces derniers à certaines occasions.
Des voyageurs sont fréquemment rançonnés sur l’axe Agadez - Libye via Bilma ou Agadez - Arlit et cela à partir du 35Eme kilomètre seulement.
Les difficultés engendrées par l’instabilité et l’insécurité dans la zone, ont commencé à prendre de plus en plus de l’ampleur.
C’est pourquoi beaucoup d’organisations non gouvernementales européennes et nigériennes ont jugé utile de délocaliser leurs activités vers les régions au sud du Niger.
L’angoisse s’empare de tout les habitants d’Agadez quel que soit le secteur d’activités.
Les jardiniers n’ont plus de débouchés (tomates et oignons pourrissent dans les jardins). Les commerçants du sud ne remontent plus vers le nord pour chercher les produits maraîchers ; les éleveurs n’ont plus accès à certaines zones de pâturage et les opérateurs économiques sont au bord de la faillite.
Cette situation a amené les artisanes, pour la plupart, à être délaissées par leur mari et leurs enfants car le gouvernement du Niger voulait mater la rébellion et éradiquer le banditisme. Toute tentative de négociation était vouée à l’échec.
La formule, targui égale rebelle, était courante au début de la décision prise par les militaires pour résoudre le problème du nord Niger. Il suffit d’être targui pour subir toutes les violences verbales et les brimades ; ce qui a poussé beaucoup de jeunes à réagir et à se retrouver dans le camp interdit. Nous assistons alors à des morts innocents, à des arrestations arbitraires. Cette situation n’a fait qu’empirer le problème. Beaucoup de mécontents et d’offusqués ont regagné les rangs des malfrats ou des rebelles, laissant hagardes et meurtries de peur et d’angoisse les artisanes.
Pour endiguer la crise, des médiateurs nationaux et internationaux ont travaillé pour le rétablissement de la paix dans l’Aïr et l’Azawak. Pour l’instant, aucun succès notoire n’a été enregistré.
Encore des mines sur les routes et des voles à main armée ; des interdictions de sortie de la ville en dehors de l’escorte de l’armée nationale.
Malgré cela, vaillamment, l’APAS et l’ASEDEA sont restées dans la région ainsi que deux organisations notoires du système des nations unies : le PNUD et l’UNICEF. Elles oeuvrent dans le cadre du rétablissement de la paix.
Cette semaine, une commission onusienne vient d’arrivée à Agadez pour travailler sur le déminage de la région.
Pouvons- nous espérer un retour définitif de la paix ? Bien que cela soit envisageable, nous pensons que du chemin reste encore pour un espoir à court terme.
Si le PNUD travaille pour le retour de la paix, l’APAS et l’ASEDEA assurent le bien être des artisanes qu’elles assistent.
Artisanes meurtries et angoissées, de quoi vivent-elles ?
Pour une personne non avertie la réponse est : de l’élevage car tous les nomades sont éleveurs.
Cette réponse n’est pas vraie aujourd’hui.
Les artisanes se débrouillent comme nous le disons ici.
Dans leurs campagnes, les nomades se sont sédentarisés. Ils se sont donnés aux activités de jardinage, c’est le cas d’Azel et de Tchirozérine); de bûcherons ; c’est le cas de Kerboubou, et de vendeurs de paille pour certains, à Inebizguine surtout.
A défaut d’avoir du bétail et de l’alimenter, artisanes et artisans ont préféré ramasser l’herbe pour la vendre aux habitants de villes moyennes. Cela leur permet de gagner un peu d’argent pour subvenir à leurs multiples besoins.
Comme autre activité, les femmes targuies confectionnent des articles artisanaux.
En plus de la panoplie d’articles achetés par l’APAS les artisanes confectionnent des bijoux, des nattes pour les vendre d’une part et entretenir de leurs cases de l’autre.
Le travail des articles en peau de chèvres est laissé jadis aux soins d’un groupe restreint d’artisanes dites forgeronnes. Mais aujourd’hui les artisanes deviennent de plus en plus ingénieuses ; elles essaient tous les articles. Elles brisent les tabous et se modernisent. Au sein des coopératives elles créent de boutiques où elles vendent les condiments les plus essentiels et du riz.
En dehors des ventes réalisées avec les commandes de l’APAS, les artisanes vendent des nattes aux centres urbains. Ces nattes sont appelées Tacharabattes ; elles servent à couvrir les charpentes des maisons en banco et à construire les hangars.
Une Tacharabatte est vendue à cinq cents (500) francs CFA au marché d’Agadez. Cet article est facile à confectionner. Chaque artisane peut confectionner cinq (5) Tacha rabattes par semaine si elle dispose des feuilles de palmier doum.
Cet à l’aide de cette série d’articles que les artisanes subviennent à leurs besoins en dehors du traditionnel élevage.
En dehors de ces articles, les plus vaillantes s’adonnent aux travaux de jardin.
Aidées de leurs enfants, elles sèment des légumes pour améliorer leur alimentation. (Cas d’Azel)
C’est à ce titre que les artisanes d’Azel ont demandé à l’ASEDEA de leur acheter une bête d’exhaure pour continuer les travaux de jardinage. Leurs enfants ont malheureusement fuit les exactions militaires. Ils sont partis en Libye et en Algérie pour chercher du travail.
L’ASEDEA et l’APAS sont venus réconforter les artisanes dans les peines quotidiennes.
Avec son programme de reconstitution du cheptel, l’ASEDEA est un partenaire privilégié.
Si, par son volet reconstitution du cheptel, l’ASEDEA a trouvé une voie de sortie à long terme pour les artisanes, l’APAS leur a apporté, au terme de la commande du 12 Août 2008, un soutien financier direct.
La nouvelle version du fonctionnement de l’APAS a séché les larmes de beaucoup d’artisanes depuis 2004.
L’achat des articles est une réelle base de survie pour elles. Elles vendent bien leurs articles. Les artisanes ne sont plus spoliées. Le produit de la vente leur permet de varier leur alimentation, de faire soigner leurs enfants, de faire de petites économies. L’APAS leur vient considérablement en aide et leur empêche d’être l’ombre d’elles – mêmes.
Les actions de L’APAS et l’ASEDEA leur permettent de retrouver le sourire malgré les angoisses qui les assaillent et d’édulcorer leurs peines quotidiennes.
Dans l’ensemble nous tenons bon malgré la situation. Nous pensons encore pouvoir continuer le travail car nous essayons d’être très prudent face aux événements.
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JUIN 2008 :
1. L’Environnement est difficile
A Agadez les deux roues sont considérées comme suspects depuis deux événements majeurs : attaque de l’aéroport d’Agadez effectuées par des hommes circulant à moto et pose de mines sur la route de Tourayat par de hommes circulant aussi à moto.
Face à cette suspicion, nous avons préféré nous rendre en voiture sur les différents sites pour suivre nos activités.

Lorsque nous rencontrons un détachement militaire, nous sommes sérieusement interrogés et comme toutes les voitures qui passent, la nôtre est fouillée jusqu’au moteur. Le motif de notre déplacement est justifié par le bon de commande de Catherine COZON ; nous l’avons toujours sur nous. Nous lui devons le salut dans certaines de circonstances.
Ayant déjà été victime de la rébellion des années 90, les artisanes ont peur des abus de l’armée et nous interrogent si l’APAS continuera à œuvrer dans la région.
Nous, nous rassurons les femmes puisque nous n’avons pas appris que l’APAS suspendra ces activités à cause de la situation qui prévaut actuellement.
2- Suivi des commandes, fabrication et prix
D’une façon générale l’artisanat demeure une réelle source de revenu pour les artisanes et nous assistons à une adhésion massive des nouvelles artisanes aux premiers noyaux des femmes qui ont soutenu les démarches de l’APAS lorsqu’elle se désengageait du SAA.
Elles sont de plus en plus solidaires et se passent à tour de rôle la confection des articles en cas de commande
Nous leur rappelons les exigences de qualité et de rapidité à chaque visite et cela les pousse à travailler et à finir l’article rapidement.
D’autres artisanes il est vrai sont lentes dans la confection des articles elles mettent beaucoup de minutie et face à leurs multiples préoccupations elles demandent plus de temps.


Elles affirment passer deux mois et consacrer entre 120 à 150 heures, soit 2 heures par jour pour la confection de chaque Buktu.
Partagées entre les travaux domestiques, les enfants et le petit élevage, peu de temps leur reste pour le consacrer à l’artisanat qui représente pour elles la seule source de revenu
Elles étaient avant tout des nomades ; les différentes sécheresses leur ont fait perdre leur élevage pour les conduire aux portes d’Agadez, dans les bidonvilles : Dagamanet = à coté de lui en tamasheq
Les artisans de Niamey estiment qu’il faudra également revoir à la hausse le prix d’achat des différentes boites en cuir, car le prix du cuir augmente.
Ils souhaitent également que le prix de boites décorées soit revu à la hausse.

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Bulletin d'information de Juin 2008
Au terme de la commande du 13 mai 2008, l’APAS a passé aux artisanes reparties sur les différents sites, un soutien financier de 6 889 000 FCFA au titre de l’exercice 2007 - 2008.
Cet argent a directement profité aux artisanes ; il leur a été distribué en échange de leurs articles et leur a permis de subvenir à certains de leurs besoins.
Dans la situation actuelle d’insécurité les bras valides fuient et laissent les femmes et les enfants au village. Certains chefs de familles sont partis en exode, d’autres ont regagné le maquis. Cela a rendu difficile la situation des familles dont l’Etat ne s’occupe pas.
C’est pourquoi nous estimons que les commandes de l’APAS sont réellement un soutien financier et moral pour les principaux bénéficiaires.
Les actions de l’APAS dans le cadre de l’artisanat permettent aux artisanes de subvenir à leurs besoins. Elles leur permettent, entre autre, de payer les soins de santé de leurs enfants, leurs fournitures scolaires, de varier de temps à autre leur alimentation, jadis basée sur le mil.
Dans un pays où les chances de travail sont quasi inexistantes pour les populations rurales, produire et vendre quelque chose est une chance énorme. C’est pourquoi, à chaque commande les artisanes ne tarissent pas de remerciements et d’éloges à l’endroit de tous les responsables de l’APAS. L’enthousiasme se lit sur les visages, à chaque remise de commande quel que soit par ailleurs son montant. Elle est toujours essentielle.
Notons qu’en plus du montant des commandes de l’APAS, plus de 40 % sont versés aux institutions de l’Etat du Niger (compagnies de transport, Douane, Poste…) pour nous permettre d’acheminer les différents articles jusqu'à Lyon.
C’est donc au développement économique du Niger que profite le soutien inestimable de l’APAS aux populations vivant autour d’Agadez.
Actuellement les deux dernières commandes ont été payées aux artisanes. Les articles seront expédiés en juillet et début août prochain.
Nous nous inquiétons sur la manière de les expédier à Niamey. La route est mauvaise et endommagée par les eaux de pluies. Les bus sont mal entretenus et les bagages des soutes risquent d’être endommagés par les eaux de ruissellement. Nous prendrons bien sûr des précautions pour que cela ne se produise pas. Nous mettrons tous les articles dans des sacs en plastics.
Raliten BADODO



