Rapport d’activités  ASEDEA  au 05 avril 2015



Si en 2014, la température ambiante du mois d’avril permettait, avec un peu d’efforts,  le développement harmonieux des légumes, ce n’est pas le cas en 2015.
La pluviométrie très médiocre  de ces trois  dernières années a accentué la baisse  de la nappe phréatique indispensable au développement de l’agriculture.
Face à la baisse continue   de la nappe, il est important de relever le comportement  des artisanes dans l’exercice de leurs activités  que sont le jardinage, l’élevage et l’artisanat.
Au cours de la campagne 2013-2014, les  récoltes de pastèques ont permis aux artisanes de vendre 300 pastèques à la somme de 195 000 FCFA  et en ont  gardé 61  pastèques pour leur propre consommation.
Cette année, 100 unités de pastèque ont été  récoltées le 2 avril 2015, elles  ont été vendues à 110 000 FCFA sur le marché d’Agadez le 4 avril 2015.
Une seconde  et dernière récolte surviendra la semaine  prochaine ;   elle est estimée à 100 pastèques qui seront  probablement vendues entre 100 et 110 000 FCFA malgré leur taille. La pastèque n’a pas bien donné cette année ; sa croissance s’est trouvée perturbée ; et, sur  une  superficie  égale à celle de l’année dernière la quantité récoltée est  bien inférieure.
En avril 2014, la pastèque abondait sur tous les marchés d’Agadez ; elle avait été expédiée vers les régions d’Arlit,  d’Abalak et  d’Aderbissanet par les différents revendeurs pour être écoulée. Cette année la pastèque est rare et les producteurs ont du mal à en produire à cause d’un assèchement des plants constaté dans toute la région. Dans la même période en  2014, une pastèque se vendait en gros à 400 FCFA  alors que cette année le prix moyen d’une pastèque est de 1000 FCFA.
Arrosée en moyenne trois fois par semaine, les plants de pastèque s’assèchent malgré les quantités d’eau absorbées et en dépit des différents traitements. Les services de l’agriculture ne donnent aucun conseil ; les jardiniers sont laissés à eux-mêmes.
                                                                                                                  
A cause de l’assèchement des plants, les fruits se trouvent perturbés dans leur développement et les artisanes sont contraintes de les récolter avant les dates indiquées pour la récolte.
La température dépasse largement les 40°c ; le paysage alentours est sec et l’harmattan favorise l’assèchement des plants.
La nappe phréatique a baissée considérablement et des travaux de sur-creusage de puits s’imposent pour pouvoir continuer d’arroser les autres plants (Malohiya, chou, salade et moringá) que les artisanes ont plantés.


Des travaux de sécurisation du contre-puits abritant la motopompe sont également nécessaires en vue de sauvegarder ce dernier mais surtout pour mettre  le jardinier à l’abri du danger. A regarder de prêt l’image, on voit les traces d’un premier effondrement du contre - puits.
Les pommes de terre ont été également cultivées par les artisanes ; la tonne de semences achetée par l’ASEDEA  en 2014 au profit des artisanes  n’a pas déçu. Trois tonnes ont été récoltées. Deux tonnes ont été vendues à quatre cent mille francs (400 000) FCFA ; ce qui n’a pas permis aux artisanes de reconstituer la somme nécessaire à l’achat de semences GERMICOPA en septembre prochain.
 Pour combler la différence et pouvoir s’acheter les semences de pomme de terre en septembre prochain,  les artisanes souhaitent que je débloque leur compte à la BOA ; compte  ouvert par la défunte présidente de la coopérative en 2010
En effet, leur compte a été bloqué à la suite du décès de la présidente de la coopérative.
Des  démarches doivent être menées pour l’obtention d’un certificat d’hérédité afin de permettre aux artisanes de disposer du solde estimé à 180 000FCFA.
A cause des engagements qu’elles n’ont pas pu honorer, remboursements des divers prêts ASEDEA et du climat torride, beaucoup d’artisanes hésitent à s’adonner aux travaux de jardinage.
Sur cent trente(130) qu’elles représentent à Tchirozérine 15 pratiquent le jardinage en groupe dans le jardin que je leur ai alloué.
Quelques unes  dont les époux disposent de jardin, travaillent en famille  et rencontrent toujours les mêmes difficultés  que sont la disparité entre les dépenses et les recettes,  le manque de fonds pour faire face aux dépenses nécessaires (carburant, huile moteur, réparation..). C’est pourquoi elles s’accrochent à l’élevage qu’elles veulent traditionnel.
En saison chaude les plants doivent être arrosés tous les deux jours, et tous les jours pour la salade. Et, les arrosages répétés ne sont pas la garantie d’une bonne récolte et moins encore celle de sa vente  à un prix couvrant les dépenses engagées jusqu’ générer des bénéfices pour que cela soit une source d’incitation au travail du jardin.
Les artisanes ne peuvent pas assurer financièrement l’achat du carburant et l’entretien des motopompes pour des plantations qui demandent de l’eau tous les jours. Celles qui s’investissent le font avec prudence et délèguent toujours leurs filles pour le désherbage, le repiquage d’oignon ou la récolte.  Par contre, les artisanes s’investissent davantage dans la plantation d’oignon de la saison de pluie.
La campagne d’oignon 2014 a bien donné ; car 100 sacs d’oignon ont été récoltés et  ont été vendus sur le marché d’Agadez à 1.500.000 FCFA.
En quatre mois de travail les artisanes ont utilisé 926 litres d’essence, 12 litres d’huile moteur et ont fait réparer à quatre reprises la motopompe pour aboutir à ce résultat.
Bien qu’ayant dépensé 500 000 FCFA de carburant, 12000fcfa d’huile moteur, 35000FFCA de frais de réparation et payé  200 000 FCFA le jardinier et 50 000FCFA de frais de transport de l’oignon jusqu’à Agadez les artisanes jugent que les efforts ont été récompensés.


Lorsqu’elles se sont partagées le reste de la recette, elles avaient remercié l’ESEDEA et demandé au jardinier de travailler avec elles la campagne prochaine.
Elles ont ramassé les feuilles d’oignon pour alimenter leur cheptel.
En décembre 2014, elles ont vendu les 35 sacs de malohiya à deux cent mille francs (200 000) FCFA. Cette recette leur a permis de mener les activités actuelles dont les images m’ont servi pour rédiger le présent rapport.
Dans le domaine de l’élevage, les artisanes s’investissent malgré les difficultés qu’elles rencontrent pour alimenter  leurs chèvres.
C’est  dire pour que l’élevage auquel elles s’adonnent est difficile et tributaire des  aléas climatiques.  La pluviométrie  est chaque année plus faible, entrainant la raréfaction de l’herbe,  des vents secs  s’étalant sur  la moitié de l’année balaient les touches disparates d’herbe. Il faut également noter la réduction des aires de pâturage due à une démographie galopante. Malgré nos conseils de garder enfermées leurs chèvres, les artisanes s’entêtent à vouloir laisser les chèvres divaguer
Dans leur quête de nourriture elles mangent tout ; même du plastique entrainant l’amaigrissement de la bête et sa mort ensuite.
Cette année le bétail en général est atteint de charbon selon la direction de l’élevage de Tchirozérine. C’est ainsi que nous avons vacciné et déparasité les chèvres  des artisanes.
Nous en avons vacciné 260 au total. Voici quelques images






Des kystes apparus sur certaines chèvres ont été soignés et des antibiotiques ont été administrés aux chèvres atteintes.
L’élevage constitue une source non négligeable de revenu pour les artisanes qui peinent à alimenter correctement leurs chèvres pour mieux les vendre au marché.
Une chèvre se vend entre 30 et 40 000 FCFA lorsqu’elle est saine et bien nourrie. Elle se vend entre 10 et 15 000 FCFA lorsqu’elle n’est pas potelée.
Malgré cela les artisanes continuent d’entretenir le même élevage consistant à conduire les chèvres de vallée en vallée pour  que ces dernières se nourrissent des feuilles tombées. Mais, en général, les arbres  sont défeuillés par le vent et la chaleur et les chèvres, en marchant toute la journée perdent de leur poids. Les artisanes me disent qu’elles n’ont rien  à donner aux chèvres c’est pourquoi elles les laissent promener.
Elles promettent qu’elles procéderont au déstockage une fois que les chèvres auront repris du poids ; je pense qu’il sera trop tard.

Périmètre conçu pour la vaccination des animaux
Marchant une bonne partie de la journée derrière leurs chèvres les artisanes profitent de ces longues randonnées pour tresser des articles d’une commande donnée.
C’est leur passe temps en général. Une fois la commande repartie chaque artisane note les dimensions de l’article qui lui été attribué. Certaines artisanes sont rompues à la tache ; elles arrivent à finir rapidement l’article. D’autres par contre sont obligées d’être suivie jusqu’à la finalisation de l’article. C’est pourquoi une partie de l’additif de commande du 13 février 2015 à été honoré en même temps que la commande du 19 décembre 2014.
La commande du 15 mars 2015 est en voie de confection ; nous estimons qu’il sera prête bientôt.
Par rapport aux nouveaux articles : Boite tressée, cabas jardin anses cuir, cabas sanfos arrondi, panier point noués cube, panier à linge deux anses, panier haut, panier à couvercle, et l’article dit sac à sac méritent d’être portés au catalogue pour permettre aux artisanes de mieux les confectionner.
Nous ne sommes jamais arrivé à confectionner le sac à sac et nous nous demandons si la clientèle de Catherine COZON est satisfaite  des autres nouveaux articles ou non.

Nous pensons que seul l’artisanat peut s’autofinancer si les artisanes produisent des beaux  articles.
Le volet élevage et celui du jardinage suscitent un réel espoir  pour les artisanes bien que les résultats sont souvent décevants.
Malgré cela je pense qu’il continuer à aider les artisanes dans ces volets qui leur permettent de payer moitié de la scolarité de leurs enfants et de subvenir à certains de leur besoins élémentaires.
En matière de jardinage, nous avons expérimenté la technique d’association des plantes dont parle Serge VALET. Nous avons associé le  moringà, la salade et le maïs.  La technique est parfaite et donne bien. Elle demande malheureusement des fonds pour acheter l’essence nécessaire au fonctionnement des motopompes.
Lorsque vous demandez aux artisanes de faire des expériences, elles vous demandent d’acheter le carburant. Je pense que je ne dois pas, toujours, payer du carburant sur le compte ASEDEA pour le fonctionnement du jardin. Est-il juste d’investir 600 000FCFA pour arroser 9000m²  sans avoir la certitude de recouvrer cette somme?
Les artisanes investissent dans le jardin pour des cas précis : campagne d’oignon, campagne de pastèque et campagne de malohiya.  Lorsqu’elles investissent dedans, elles sont au moins sures de recouvrer au moins l’argent investi.
Les artisanes sont toutes préoccupées par la situation scolaire de leurs enfants particulièrement celles dont les enfants sont restés dans les écoles publiques.
La situation des 47 enfants parrainés n’est pas encore prête ; les résultats me seront remis jeudi prochain.

 Toute mon amitié
Raliten